L’école des loisirs, une nouvelle politique éditoriale ?

Mise en page 1Certains d’entre vous, ne sont sans doute pas sans ignorer les bouleversements que connaît la maison d’édition historique L’école des Loisirs, depuis décembre 2015. Le programme de publication et les choix des deux éditrices Geneviève Brisac et Chloé Mary sont modifiés et remis en question mais pas sans que quelques auteurs ne s’insurgent et laissent entendre leur voix.
J’invite ceux qui ne seraient pas encore familiers des événements à prendre connaissance de la situation sur Actualitté et sur le blog de soutien, La ficelle.

Loin de moi l’idée de vouloir crier au scandale, je ne crois pas être bien placée pour cela et ne prétend pas non plus avoir tous les éléments pour appréhender la situation actuelle.

Cependant, en tant que lectrice et forte de mon expérience de libraire, je suis touchée par ce cri du cœur venant des écrivains. En deux ans, au rayon jeunesse d’une librairie, j’ai pris conscience de l’ampleur des trésors dont recèle cette maison d’édition. J’ai lu un nombre incalculable de leurs livres, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai questionné, j’ai adoré et surtout j’ai conseillé. À tour de bras.

Quelques livres que j’ai lu et adoré dans les collections suivantes de L’école des loisirs :
Mouche

drôle de fille une journée avec mousse  l'enfant22 !

Neuf

journal d'un nul débutant un maillot de bain une piece avec des pasteques et des ananas malo de lange fils de voleur verte

Médium

la pyramide des besoins humains le passeur broadway limited 1 - un diner avec cary grant 3000 façons de dire je t'aime

Sans pouvoir tout à fait trouver les mots pour décrire leur ligne éditoriale, je crois qu’au fil des publications L’école des Loisirs s’est affirmée comme une maison cohérente et – comme le souligne très bien Geneviève Brisac – un peu insolente. Ses ouvrages ont ce petit quelque chose. Ce je ne sais quoi. L’écriture est intelligente, le ton est insolent. Finalement, le logo de L’école des Loisirs est devenu pour moi un gage de qualité. Je me disais « Super, un petit nouveau chez EDL, il y aura sûrement du vocabulaire et les histoires sortiront un peu de l’ordinaire… ».

Alors quand j’ai entendu le cri de douleur et de colère de ces auteurs, j’ai été touchée. À mon tour, j’ai eu envie de vous sensibiliser à l’importance du rôle de l’éditeur dans la chaîne du livre.

« Un bon éditeur s’implique, il parie sur des auteurs, il les soutient sur le long terme, il s’empare des textes et leur apporte un regard plus neuf. »

« Il me semble qu’un éditeur devrait être ouvert, curieux. La variété, encore une fois. Avec comme fil rouge, la qualité. Celle-ci aussi pouvant être d’ordre divers. »

Les éditeurs choisissent les textes qui seront publiés et qui se retrouveront ensuite sur les tables de vos librairies, sur les étagères de vos bibliothèques. Alors, quand à travers les lignes, je découvre que le directeur éditorial Arthur Hubschmid a l’air de vouloir bannir certains sujets et prôner ce qui plaira à coup sûr aux adolescents, là, j’ai peur.

« Arthur Hubschmid a simplement considéré que les projets n’étaient pas en adéquation avec le public auquel ils étaient destinés. »

J’ai peur de comprendre. Les livres ne se vendent plus assez alors il faut produire des livres qui plairont à coup sûr. Des best-sellers. Oui, la menace pèse sur la variété et la diversité de l’offre éditoriale et c’est bien dommage…

Plutôt que de s’en prendre à la variété des textes, à ce qui fait d’eux des histoires uniques, à ce qui fait de L’école des loisirs une maison d’édition de qualité, on pourrait peut-être, par exemple, se demander si ces beaux textes ont vraiment l’occasion de rencontrer leurs lecteurs. Parce que si les livres ne se vendent pas, le problème ne vient peut-être pas du texte mais de sa couverture. Il y a peu de temps le blog Allez vous faire lire soulevait justement le problème des couvertures qui ratent leur public. Les couvertures des romans de L’école des loisirs sont magnifiques, je les adore. C’est différent et ça marque efficacement l’identité visuelle de la maison d’édition. Mais n’y a-t-il pas clairement un décalage entre ces couvertures et ce qui plaît et attire les adolescents aujourd’hui ?

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A propos Leaz

Libraire multi-fonction, déjà séduite par les trésors de la littérature jeunesse, j'adore y dénicher ses perles francophones; je découvre aussi les charmes du 9e art et en curieuse invétérée ne peux m'empêcher d'explorer les vertus de la bibliothérapie et autres activités biblio-ludique.
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3 commentaires pour L’école des loisirs, une nouvelle politique éditoriale ?

  1. feelireblog dit :

    J’en parlais justement il y a quelques jours ! Ce ne sont pas les textes, les auteurs qui posent problème mais la façon dont les ouvrages sont présentés. Certaines couvertures ne donnent pas envie. Trop désuètes, on dirait qu’elles sont tirées de Google image et c’est dommage. Il,y a aussi un petit côté vieillot qui pour moi ne représente absolument pas cette maison d’édition ! LLeurs textes sont poignants, beaux, bouleversants !

    C’est un grand sentiment d’incompréhension en ce qui concerne l’avenir de cette maison d’édition.

    Aimé par 1 personne

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