L’éternel – Joann Sfar

éterneltitre : L’éternel
auteur : Joann Sfar

éditeur : Le livre de poche
date de publication : août 2014

ma bookreview : Sur la couverture du premier roman de Joann Sfar, on retrouve un personnage phare de ses œuvres : le vampire. Mais les premières scènes nous offrent un tableau loin de l’univers fantastique attendu. Joann Sfar nous plonge plutôt dans les horreurs de la fin de la première guerre mondiale. En Russie, Ionas et Caïn, deux frères juifs ukrainien, se battent au côté d’autres soldats. Caïn se révèle vite être le caïd, tandis que Ionas semble avoir de plus en plus de point commun avec Fernand le vampire.

« Caïn avait imposé à cette meute paresseuse sa république idéale : on devait rire, on devait baiser. »

Notre personnage principal est en effet un grand romantique un brin mélancolique, restant fidèle à sa fiancée.

« Il aimait une fille d’Odessa. Il ne pensait qu’à elle. […] Ionas depuis le début, avait décidé que cette affaire serait grave, douloureuse, et terrible à porter. »

Bien des malheurs attendent notre héros. À commencer, par sa propre mort. Lorsqu’il revient d’entre les morts, il est devenu vampire. Sa soif de sang le pousse à des crimes atroces qui le rongent de remords. Malgré sa nouvelle nature, Ionas ne cesse d’être tourmenté par des questions d’ordre métaphysique et surtout, le souvenir de sa bien-aimé le hante. Ses errances d’immortel l’amèneront finalement dans un New York contemporain qui lui réserve bien des surprises (dont un Lovecraft vivant).

Usant des codes du fantastique, Joann Sfar a réussi à transposer de manière brillante ces dessins en un très bon roman. Le lecteur est rapidement plongé dans l’univers fantasmagorique de Joann Sfar. De l’amour à la mort en passant par le judaïsme et le vampirisme, les thèmes de prédilections de l’auteur sont tous réunis en un cocktail détonnant. L’amateur de BD reconnaîtra également avec plaisir des personnages familiers comme la jalouse Liou ou le triste Homme-arbre. Comme à son habitude, Joann Sfar est à la fois cru et poétique. « Son style direct est redoutablement efficace » , comme son humour, d’ailleurs. L’éternel est un roman fantastique décalé et parfaitement sfaresque. On l’adore ou on le déteste.

note : 5/5

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A propos Leaz

Libraire multi-fonction, déjà séduite par les trésors de la littérature jeunesse, j'adore y dénicher ses perles francophones; je découvre aussi les charmes du 9e art et en curieuse invétérée ne peux m'empêcher d'explorer les vertus de la bibliothérapie et autres activités biblio-ludique.
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