Hugo de la nuit – Bertrand Santini

hugo de la nuittitre : Hugo de la nuit
auteur : Bertrand Santini

éditeur : Grasset jeunesse
date de publication : avril 2016

ma bookreview : Les parents d’Hugo sont propriétaires d’un magnifique domaine. Malheureusement, il attise depuis peu la jalousie du voisinage et génère des conflits qui vont mal tourner. La nuit de ses 12 ans, Hugo rejoint le monde des fantômes. Ces compagnons de cimetière bien que loufoques l’accueil à bras ouverts dans leur quotidien déjanté. Mais des mystères bien plus inquiétants que les esprits hantent le domaine Monliard…

La première et la quatrième de couverture promettent « un surprenant conte fantastique, drôle inquiétant et magique ». Le titre aussi vend du rêve : Hugo de la nuit.

La magnifique illustration de Julie Rouvière nous plonge déjà dans cet univers nocturne (le crépuscule, les étoiles, les animaux de la nuit) mêlant modernité (le personnage de gauche avec son ipod et ses écouteurs, la lampe torche) et temps anciens (le personnage de droite avec son costume d’époque et ses longs cheveux, le chandelier). Un univers sombre et inquiétant voire menaçant (la tête de mort, le main qui sort de terre). Un univers bien mystérieux vous attend :

« Une nuit d’été
Un enfant
Des fantômes
Un secret »

Et je vous le confirme, tous les ingrédients sont réunis à l’intérieur du roman. Malheureusement la magie n’a pas opérée sur moi. Finalement, le texte n’est pas vraiment à la hauteur de toutes ses promesses et je suis un peu déçue.

Alors j’essaye de comprendre pourquoi la magie n’a pas opérée sur moi ?

  • Un début pas très convaincant :

    Le prologue situe bien le contexte : un enfant dans le monde des fantômes. Pourtant, je ne suis pas happé par la magie. L’aventure de Hugo survolant sa maison dans les bras d’un fantôme ne me fait pas vraiment rêver… Le problème c’est que ce prologue ne dit rien de très clair. On comprend que Hugo est partagé par des sentiments opposés. Mais il y a tellement de modalisateurs que le lecteur, plongé dans l’incertitude, ne ressent aucun de ces sentiments !

    « Hugo aurait dû ressentir de la peur, de la terreur même […] L’enfant n’éprouvait pourtant qu’un sentiment d’abandon, tout au plus teinté d’une vague appréhension  »
    Ensuite, « songea-t-il presque dans un rire » et soudain « L’émotion le submergea lorsqu’il songea […] Mais il savait […]  » « Son existence lui paraissaitA peine se souvenait-il … » Finalement, « Mais tant que l’image de sa mère demeurait au chaud dans son esprit, l’enfant ne craignait rien. »

    C’est quoi cette tambouille ? Aucune des émotions ne m’a traversée et surtout je ne suis pas du tout soulagée qu’Hugo se sente bien tant qu’il se souvient du visage de sa mère. Je ne suis pas du tout convaincue. Je ne crois pas une seconde qu’il ne craigne rien. Je ne sais plus si Hugo est triste ou non, s’ il se souvient ou pas…

    Le premier chapitre présente les personnages, les lieux : Hugo le grand rêveur doit apparemment sont imagination débordante à sa mère, célèbre romancière. Mais a-t-on besoin de tous ces détails sur la publication de sa série best-seller ? Moi, je les ai trouvé très superflus. Ce n’est qu’au chapitre deux, « Le cimetière » qu’on rentre enfin dans le vif du sujet…

  • Un lexique grammaticale qui laisse parfois un peu à désirer : on passe du familier au carrément vulgaire et à mon avis les « couillon », « merde », « chiasse » et autres ne sont pas vraiment justifiés.

  • Des blagues qui tombent à plat : bon je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je n’ai pas beaucoup ri.

  • Des personnages pas très attachants : j’ai eu l’impression qu’aucun des personnages n’avaient un caractère suffisamment développé pour que je m’attache à l’un d’entre eux.

Pourtant il y avait plein de points positifs :

  • la couverture magnifique (oui, oui j’insiste)

  • la trame de l’histoire et tous ces bons ingrédients (burlesque, fantastique, réalisme, mystère etc…)

  • des références littéraires : beaucoup de théâtre dans ce roman découpé en actes. On y trouve des citations de Shakespeare et des fantômes qui s’expriment parfois en rimes.

  • Une fin surprenante (mais chut je ne dis plus rien)

En conclusion, je crois que le problème vient de la suspension d’incrédulité (c’est à dire que je n’y ai pas cru) et/ou du fait que je ne me suis absolument pas identifiée au personnage principal (et pourtant je suis plutôt du genre hyper-empathique). Mais à la réflexion, ce roman pourrait donner lieu à une très belle adaptation théâtrale…

note : 2.5/5
âge recommandé : 12 et+

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A propos Leaz

Libraire multi-fonction, déjà séduite par les trésors de la littérature jeunesse, j'adore y dénicher ses perles francophones; je découvre aussi les charmes du 9e art et en curieuse invétérée ne peux m'empêcher d'explorer les vertus de la bibliothérapie et autres activités biblio-ludique.
Cet article a été publié dans litté jeunesse, mes bookreviews, romans junior. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Hugo de la nuit – Bertrand Santini

  1. Lupiot dit :

    Très intéressant article ! C’est vrai que cette couverture et l’univers qu’elle croque, de même que le mystère entretenu par la 4e, et le très joli titre, invitent à plonger dans un monde fantastique. Très très bon travail côté marquetting et packaging…
    Ensuite, j’ai vraiment apprécié ton analyse qui tente de planter une pique dans le nœud du problème pour voir de quel côté il faut tirer, c’est ce que j’adore dans les critiques !
    (Bon du coup je suis doublement curieuse et je traverserai au moins le roman en diagonale en librairie.) Merci beaucoup.

    Aimé par 1 personne

    • Leaz dit :

      Merci d’avoir pris le temps de lire, d’apprécier et de commenter 🙂
      J’ai dû relire plusieurs passages du livre pour mettre le doigt sur ce qui n’allait pas et finalement j’ai aussi relevé des points positifs !
      Tu me diras si ta lecture s’accorde avec la mienne…

      Aimé par 1 personne

  2. Leane dit :

    Bonjour,
    Je suis restée complètement imperméable à ce roman, mes deux jumeaux de pré-ados aussi.
    L’écriture peu soignée (mince alors, élevons un peu le niveau des enfants !) et, comme vous, impossible de m’attacher aux personnages.

    J'aime

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