Pico Bogue – Dominique Roques & Alexis Dormal

La rentrée arrive, la plupart d’entre vous reprennent le boulot ou les cours. Ou les deux. Pico Bogue est la série parfaite pour vos pauses déj’ et ces interminables minutes dans les transports en commun alors que vous rêvez d’être chez vous. En effet, Pico et sa sœur Ana Ana forment un duo irrésistible. A tous les coups ils seront capables d’alléger votre cœur encombrés des soucis de la journée.


titre de la série : Pico Bogue
auteur : Dominique Roque
illustrateur : Alexis Dormal
éditeur : Dargaud
date de publication :

ma bookreview :  L’humour et la poésie sont les deux ingrédients phares de cette petite friandise (parce que oui Pico Bogue ça se lit comme on mangerait un petit carré au chocolat, un bonbon ou autre sucrerie).

On retrouve cette poésie à la fois dans le dessin et dans le texte. Les couleurs sont vives et joyeuses, et la colorisation à l’aquarelle comme le style croqué, parviennent très bien à capturer les scènes quotidiennes de la vie de famille de Pico Bogue. Quant au texte, il atteint parfois des profondeurs inattendues. Les réflexions de Pico Bogue sont souvent philosophiques et toujours un peu poétiques même lorsqu’il s’interroge sur la mort ou sur le sens de la vie. L’air de rien, les auteurs évoquent également des sujets de société importants comme le chômage, le sexisme, l’éducation… Certaines subtilités échapperont sans doute au plus jeunes mais c’est cette double lecture qui fait la richesse de Pico Bogue.

Pico et Ana Ana représentent cette candeur de l’enfance terriblement attendrissante mais avec ces deux fripons c’est aussi et surtout son impertinence qu’on adore. Les blagues de Pico Bogue reposent généralement sur des jeux de mots. Parfois les plus simples sont les plus drôles mais vous serez souvent bluffé par la recherche qu’il y a derrière. En effet, Pico Bogue est un fana d’étymologie. Souvent, il promène avec lui son dictionnaire pour sortir des mots le sens qui l’arrangera le mieux et fera tourner ses proches en bourrique mais parfois ça se retourne contre lui…

En bref, je vous conseille une bonne dose de Pico Bogue, la bibliothérapie idéale pour affronter le stress de la rentrée ou le temps gris et pluvieux de l’automne.

Je vous laisse avec ma planche favorite et les propos tendrement féministes d’Ana Ana :

note : 5/5
âge recommandé : 9 et +

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AUSTRA’LITTERATURE #2 – Chez les Frenchies

Pour ce deuxième volet de votre feuilleton préféré (mais, si, avouez !) : Austra’littérature, je vous propose de découvrir la littérature australienne chez vous ! Oui, oui, dans l’hexagone, sur les étagères de vos librairies et bibliothèques et peut-être bien déjà dans vos collections ou vos PAL…qui sait ?

La littérature australienne :
« Une littérature encore assez méconnue du lecteur francophone »*

Pas de honte à avoir, avant de mettre les pieds au pays des kangourous, je n’étais pas non plus familière avec cette littérature. En fait, il n’y a pas si longtemps, je ne faisais pas vraiment attention aux pays d’origine du livre que je lisais. Au mieux, je savais qu’ils étaient traduits de l’anglais. Mais ça s’arrêtait là. Or, les pays anglophones sont nombreux et les différences culturelles sont importantes. Mine de rien, elles constituent un contexte qui est rarement anodin en littérature (ou tout autre œuvres d’art d’ailleurs).

Maintenant, la question est : connaissez-vous ces auteurs australiens traduits en français ? Vous pouvez m’en citer quelques uns ?

COMMENT ?
TU NE CONNAIS PAS D’AUTEURS AUSTRALIENS ? VRAIMENT ?

Et si je te dis … Supercalifragilisticexpialidocious !

Pamela L Travers –  Mary Poppins

Adaptation du classique par Hélène Druvert . Fortement recommandée.

Et oui ! Pamela L Travers, auteure de Mary Poppins est née en Australie en 1899. Le roman pour lequel elle est désormais connue fut, en revanche, publié à Londres, Angleterre, où elle émigra en 1924. Pour cette raison, elle n’apparaît pas dans les listes des classiques de la littérature australienne, mais figure dans celles britanniques.

Je vous propose donc un meilleur exemple d’auteur australien au succès international :

Markus Zusak – La voleuse de livre

Markus Zusak est essentiellement connu et reconnu pour son œuvre La voleuse de livre,  un roman universel qui n’a rien d’australien puisqu’il traite de la Seconde guerre mondiale d’un point de vue allemand. Mais Markus Zusak est aussi l’auteur de Underdog, Fighting Ruben Wolfe et When Dogs Cry, trois romans qui se passent à Sydney. Récompensé par le Children’s Book Council of Australia, c’est un incontournable de la littérature australienne pour jeunes adultes.

 10 AUTEURS AUSTRALIENS
À PORTÉE DE MAIN

Eh oui, ce n’est pas tout ! Il y a plusieurs éditeurs français qui s’intéressent aux auteurs australiens. Les catalogues des éditeurs suivants, par exemple, vous offriront une bonne dose d’Australitté : Actes Sud, Albin Michel, Plon, Gallimard, 10/18… Voici donc un petit échantillon de ce que vous pouvez trouvez dans vos librairies :

TOP 3

les auteurs australiens contemporains les plus (re)connus

PETER CAREY

Deux fois gagnants du Booker Prize (équivalent anglais du Prix Goncourt), Peter Carey est l’un des plus grands auteurs australiens contemporains. Il est essentiellement reconnu pour son talent romanesque. En effet, sous sa plume les personnages prennent des couleurs authentiques. Avec Oscar et Lucinda ou La véritable histoire du Kelly Gang vous découvrirez l’Australie du XIXe siècle. Tandis que ses romans plus récents – bien que toujours emprunts de cette thématique du voyage – nous offre plutôt un « subtil mélange de réalisme et de surréalisme ». Les critiques littéraires soulignent également l’inventivité dont Peter Carey fait preuve dans toutes ses œuvres.

TIM WINTON

Qualifié d' »écrivain proche du peuple » Tim Winton écrit principalement sur l’humain et l’environnement. En effet, bien que souvent situées dans la sphère privée, ses histoires prennent une dimension politique en défendant la cause écologique. Tim Winton est également l’auteur d’une série qui vous rappellera peut-être votre adolescence : Les aventures de Lockie Léonard (chez l’École des loisirs). Cet auteur trois fois récompensé par le Miles Franklin est parfait pour découvrir la « culture balnéaire » typique du pays-continent tout en pénétrant la vie intime d’une famille australienne.

KATE GRENVILLE

Pour Kate Grenville, l’Australie des colonies a toujours un impact fort sur le présent de l’île-continent. Ainsi, quand ses œuvres ne sont pas de la fiction historique, elles témoignent tout de même de cette influence du passé. Le fleuve secret et Sarah Thornhill appartiennent à cette littérature dite pénitentière.  très populaire depuis les touts débuts du roman australien. La place des femmes dans la société est également un thème récurrent dans les romans de Kate Grenville.


Autres auteurs australiens populaires

Kenneth Cook
Sous la plume de ce journaliste, le bush australien prend des tournures hilarantes.

Alexis Wright
Pour découvrir le cœur de l’Australie : des romans sur les aborigènes par une aborigène.

Christos Tsiolkas
A travers ces romans intimes, l’auteur révèle les tares sociales de l’Australie.


Kate Morton
Atmosphère gothique, secrets de famille et décor britannique.

Richard Flannagan
Un style travaillé, élégant et poétique et des œuvres qui font la part belle à la Tasmanie.

Liane Moriarty
La banlieue australienne entre comédie et drame social.

Colleen McCullough
Les romans à l’eau de rose ont aussi eu la belle vie en Australie.


Alors vous n’avez jamais croisé de romans australiens sur votre route ?
Lesquels vous tentent le plus ?

Pour ceux que ça intéresse je prévois également de faire une liste (toujours non exhaustive) des classiques australiens et une autre spéciale litté jeunesse australienne (parce que, j’avoue, c’était un peu vile de ma part de vous apater avec Mary Poppins et ne vous servir que de la litté vieillesse).

Et si vous êtes maintenant branché Austra’littérature, il y a déjà quelques articles dispo sur le blog  :

*citation de Jean-François Vernay dans Panorama du Roman Australien, des origines à nos jours, source principale de cet article.

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C’est le 1er, je balance tout ! #6 – Août 2017

Allez, j’ai pas toute la nuit (ben oui quand il est 15h chez toi, il est déjà 23h chez moi) , alors je vous fait un résumé de mes lectures les plus marquantes du mois de juillet.

1. Top & Flop

Top

Moi Simon, 16 ans, homo sapiens de Becky Albertalli

Becky Albertalli nous raconte les affres de la vie lycéenne d’un garçon, Simon. Comme bien des adolescents, Simon est bringuebalé par tout un tas d’émotions mais surtout, il est tourmenté par le secret de son homosexalité et de plus en plus tenté de découvrir l’identité de cet inconnu avec qui il flirte par e-mail. Une belle romance racontée sur un ton léger qui permet de dédramatiser le fameux coming-out.

 

La mémoire de Babel (La Passe-miroir #3) de Christelle Dabos ♥

Christelle Dabos continue de nous émerveiller avec ce tome 3. Étonnement, les lois qui régissent le monde de La Passe-Miroir se clarifient et se complexifient en même temps. En fait, malgré les pièces de puzzle qui nous manquent toujours, on sent bien qu’on approche d’un résultat complet.
La plume de Christelle Dabos est toujours aussi remarquable. On sent le choix méticuleux des mots et une précision de la langue absolument délectable. Et puis, notre chère Ophélie est fidèle à elle-même dans sa maladresse, sa timidité et son incroyable audace. Ce nouvel opus lui a donné tout le loisir de s’épanouir et de grandir. J’espère donc que le prochain tome laissera plus de place aux autres personnages.

Bref, une série qui méritera sans doute une chronique plus complète à la fin. Pour l’instant je vous laisse savourer. On décortiquera plus tard 😉

Flop

Girls de Joshua Luna et Jonathan Luna

Le premier comics que je lis depuis des mois s’avère également être le WTF!? du mois. Avec un titre pareil, j’avoue, j’espérais une once de #girlpower. Et même en découvrant le personnage principal, charmant misogyne (oui c’est sarcastique), j’avoue, j’avais encore l’espoir que l’intrigue prenne un tournant féministe et condamne ce malotru (ou le transforme en chevalier de l’égalité). Au lieu de ça, le scénario piétine et ma foi, cette histoire de clone s’éternise un peu trop à mon goût. L’auteur plein de bonne volonté continue d’engluer ses personnages dans une bonne couche de stéréotypes (attention, à chacun son cliché). Les hommes ne pensent qu’à forniquer et les femmes sont des créatures incompréhensibles et hystériques. Y avait du potentiel dans le synopsis mais à mon avis ça a été pauvrement traité.

2. Chroniques d’ailleurs

Et pour rebondir sur cette déception, j’ai envie de partager avec vous ce joli blog : What a book worm qui fait la part belle au 9e art. J’ai surtout été séduite par sa sélection de comics féministes dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Another Castle: Grimoire me tente beaucoup pour ce côté à la fois féminine et badass que la blogueuse évoque dans sa chronique. Et je suis déjà en train de lire le webcomic Supercakes dont elle parle ici. A tout les coups vous allez pouvoir enrichir votre wishlist !

3. Autres trouvailles sur la toile

Le mois dernier je mentionnais mon intérêt pour Les Internettes. Et oh, surprise ! Sur Le vent dans les pages  Marie nous a concocté une petite sélection de youtubeuse découverte grâce à cette initiative. Parmi tous ces liens dont elle nous a généreusement abreuvé, j’ai beaucoup aimé la chaîne d’Alice in Animation. J’y découvre un monde technique qui m’est peu connu mais j’y trouve aussi mon compte en terme de critique de fiction et… de stéréotypes !

4. Réalisations personnelles

Attention, bonnes résolutions en vue ! Dites bonjour à mon journal de bord littéraire.


Oui Julia m’a convaincu avec son article Journal de lecture – Pourquoi il faut (absolument) en tenir un. Pour l’instant ça marche plutôt bien. Évidemment j’utilisais déjà Goodreads et Babelio. Et de temps en temps, le bon vieux combo carnet/crayon. Mais au rythme où j’enchaîne mes bouquins, (bien loin du rythme auquel je chronique, vous l’aurez remarqué), j’ai vraiment besoin d’un outil pour m’aider à construire ma pensée autour de toutes ces lectures.

Sinon, la bande dessinée et les romans graphiques me manquent terriblement et ma bibliothèque de quartier est malheureusement pauvrement fournie en bulles j’ai donc décidé d’essayer l’abonnement à Izneo. Je teste et je vous en reparle plus tard 😉

 

 

 

 

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[Féminisme#1] Purple Hibiscus – Chimamanda Ngozi Adichie

Dans ma PAL dite féministe, j’ai surtout des essais, mais aussi quelques auteures engagées dont je suis curieuse de découvrir les œuvres de fiction.

Titre : L’hibiscus pourpre
original title: Purple hibiscus
auteur : Chimamanda Ngozi Adichie

éditeur : Gallimard
date de publication : 01/11/2016

ma bookreview : Nigeria, fin du 20e siècle. Kambili 15 ans, est une jeune fille réservée qui parle peu. Docile, elle suit à la lettre l’éducation stricte et surtout très Catholique que son père impose à la maison. Eugene Achike, riche patriarche dont la générosité fait l’admiration de toute la communauté, est également un religieux fanatique. La violence est le quotidien de la famille. Un mélange de peur et de fierté alimente l’étrange respect que Kambili, Jaja son frère, et leur mère portent à cet homme. Sans leur tante et leur cousins, les deux jeunes n’auraient sans doute jamais réalisé ce dont ils étaient privés. C’est bien simple, Kambili n’avait jamais vraiment ri ou même souri.

Vous l’aurez compris, un récit bouleversant vous attend. Pourtant, plus que l’histoire en elle-même, c’est la façon dont elle est racontée qui m’a le plus touché. L’écriture de Chimamanda Ngozi Adichie est simple et maîtrisée. Ses mots chargent le moindre geste quotidien d’une signification lourde.

Fanatisme et opression

La jeune Kambili est la narratrice de cette histoire. C’est à travers ses mots, ses tournures de phrase qu’on découvre son histoire. Qu’on découvre l’opression.

En fait, elle vénère son père autant qu’elle le craint. Tel un dieu, son père – comme la religion – est omniprésent dans sa vie et la contrôle pleinement. Chaque mouvement et chaque mot de Kambili sont le résultat de cette oppression. Elle ne se plaint pas. Oh non. Elle endure mais jamais elle ne nomme ce qui ne va pas.

« I meant to say I am sorry Papa broke your figurines,
but the words that came out were, « I’m sorry your figurines broke, Mama. » »

Identité nigérienne

Le Nigéria que connaît Kambili est celui de l’après colonialisme. A la maison on parle anglais car c’est la langue des éduqués. C’est également la langue de Dieu. Mais le dialecte local (Igbo) et les traditions des ancêtres sont toujours bien ancrés dans le quotidien des nigériens. Et cette double culture donne lieu à des tensions entre traditionalistes et modernistes. Le père de Kambili, Eugene Achike, pure produit de ce colonialisme est un bon exemple de moderniste qui s’oppose à son père, le traditionaliste qui ne s’est pas convertit au catholicisme et continue ses rites dits païens en hommage à ses ancêtres. En revanche, Tante Ifeoma – plus mesurée dans sa pratique de la religion – s’avère être un délicieux mélange de ses deux cultures.

Liberté et émancipation

L’hibiscus pourpre est souvent dit coming-of-age. On dirait sans doute récit d’apprentissage en français. C’est cet instant précieux où l’on grandit. Où l’enfant rencontre le monde adulte. Où l’être dépendant prend son envol, se libère des contraintes parentales sur sa vie matérielle et spirituelle. C’est l’émancipation.

L’émancipation de Kambili est d’autant plus compliquée qu’elle a été complètement endoctrinée. Sa liberté en va de sa survie mais le cheminement n’est pas simple.

Féminisme

Deux personnages féminins s’opposent complètement dans ce roman.

Mama, une femme battue qui reste silencieuse et continue de soutenir son mari tout en lui trouvant des excuses. A travers ce personnage Chimamanda Ngozi Adichie dénonce clairement la violence domestique.

Tandis qu’avec Tante Ifeoma, elle révèle – dans toute sa splendeur – la force d’une femme indépendante et féministe. Professeure à l’université, Tante Ifeoma est non seulement une femme éduquée mais aussi engagée. Tout en élevant seule ses enfants, elle n’hésite pas à prendre position dans le débat politique et s’oppose devant la violence de son frère.

La maîtrise du style

L’hibiscus pourpre raconte un drame familial de bout en bout. Mais on ne découvrira l’ampleur de la situation qu’au fil des pages car le roman se déploie autour d’un événement important : la rébellion du fils. Le texte est divisé en trois parties (+ un épilogue), la première racontant ce fameux dimanche où Jaja refuse d’aller à l’église. Ce n’est seulement dans la deuxième partie qu’on comprend vraiment ce qui a poussé l’adolescent à agir ainsi. La troisième partie, elle, nous révèlera les conséquences de ce comportement.

Modestie + simplicité = authenticité

L’écriture de Chimamanda Ngozi Adichie est simple et modeste. Elle n’en fait pas des tonnes. Et pourtant, elle pourrait. Elle raconte un drame familial violent. L’intrigue pleine d’émotions fortes pourrait être portée par une plume viscérale. Au lieu de quoi, le style est calme et posé.

C’est cette impression d’honnêteté dans le ton de Chimamanda Ngozi Adichie qui m’a tellement touché. La simplicité laisse place à l’authenticité. Là où une écriture trop stylisée aurait étouffé l’histoire d’un voile tragico-dramatique, les descriptions simples du quotidien chargent, elles, le récit d’une crédibilité frappante.

Adichie ne met pas de mots précis sur ce qui se passe dans cette famille. Elle décrit simplement et très finement leur quotidien. La psychologie des personnages se révèle à travers ces petits détails de la vie de tous les jours. Le dialecte nigérien se glisse naturellement dans le texte et même si je n’y comprends rien, j’adore. Je suis témoin de la routine des personnages telle qu’elle est. Et cet anglais coloré me fait voyager. C’est un petit bout du Nigeria que l’auteur nous livre dans ce roman d’émancipation.

 note : 5/5
âge recommandé : adulte

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C’est le 1er, je balance tout ! #5 – Juillet 2017

Ça fait un petit moment que je ne vous ai pas tout balancé. Mais le mois de juin a été riche en lecture que j’ai très envie de partager avec vous. Alors zou ! Jetez un œil ci-dessous !

1. Top & Flop

Ce mois-ci c’est le retour en force des livres français (ben oui, j’ai fait le plein en librairie pendant mon séjour en France). Et qui dit livres français, dit forcément retour à mes auteurs chouchous qui m’ont beaucoup, beaucoup manqué !

  • Marie-Aude Murail

J’ai donc lu le premier tome de la dernière série incontournable de Marie-Aude Murail: Sauveur & fils. Énorme coup de cœur immédiat évidemment. Et surtout coup de fil urgent à ma maman pour qu’elle m’envoie la suite ! Je n’ai pas prévu de vous le chroniquer pour le moment parce qu’il est déjà partout sur les blogs.

Je vais plutôt vous parler d’un roman un peu plus vieux, Le tueur à la cravate. Ruth et Bethsabée Cassel n’ont que peu de souvenirs de leur maman décédée. Marie-Ève avait une sœur jumelle, Ève-Marie, décédée 20 ans plus tôt.  En étudiant leur photo de classe de terminale, Ruth s’étonne de voir que son père ne tient pas la main de sa maman mais celle d’Ève-Marie. Se tromperait-elle  ? Pour en avoir le cœur net, Ruth poste la photo sur perdu-de-vue.com. Les camarades de classe de ses parents ne tardent pas à se manifester. Et très vite, la jeune ados se retrouve confuse au milieu d’allusions à un meurtre. Ruth ne peut croire que le tueur à la cravate soit son père.

Secrets de famille, meurtres en série et cravate Bugs Bunny

On y retrouve avec plaisir le style de Marie-Aude Murail, ses personnages tellement vrais, ses dialogues délicieux, ses scènes de quiproquos adorables… Le tout est si bien ancré dans le quotidien qu’on a l’impression d’y être. Et puis, pouf, on tombe sur une référence, un nom, qui fait sourire et on se dit à elle est maligne cette Marie-Aude Murail.

Alors oui, dès le début j’ai suspecté le tueur. Mais jusqu’à la fin l’auteure disperse des éléments qui instaurent le doute sur différents personnages si bien qu’on se demande comment l’histoire va se résoudre.

Et oh, surprise ! Les 70 dernières pages ne sont plus de la fiction :

Comment naît un roman
(ou pas)

Journal de bord du
Tueur à la cravate

→ Autrement dit, une fenêtre sur les méninges de l’auteur en pleine création. Fascinant !

  • Clémentine Beauvais

Vous le croyez, vous, que je n’avais pas encore lu Songe à la douceur ? Clémentine Beauvais est une jeune auteure, dont le talent ne fait plus aucun doute. En fait, est ce que quelqu’un en a déjà douté ?
Songe à la douceur s’est emparé de la blogosphère de façon assez phénoménale, et pour cause, c’est un livre destiné aux jeunes adultes écrit en vers libre ! On savait déjà que Clémentine Beauvais maîtrisait l’écriture et l’art de la narration. Mais là. Là. Là les gars, c’est l’apogée. La preuve inévitable que c’est une sorcière qui n’hésitera pas à user tout les moyens possibles pour charmer votre cœur de lecteur ! Fuyez !  Ou pas … 🙂

Je parlais d’ailleurs de mon amour pour les livres de Clémentine Beauvais dans le tout premier article de ce blog.

  • Pénélope Bagieu

La talentueuse Pénélope m’avait complètement éblouie avec California Dreamin’ et j’attendais avec impatience la sortie papier de ses strips féministes. Et quel plaisir de redécouvrir les Culottées dans ce grand format à la couverture rigide. Clairement un livre, qu’on prendra plaisir à relire et à partager.

 

 

Du côté des anglophones, je m’attaque sérieusement à ma PAL féministe (oui, oui j’ai une pile de livre thématique pour cette cause qui me tient tellement à cœur que je pense en faire une catégorie spéciale sur ce blogounet) en commençant par un ouvrage de fiction :

  • Purple Hibiscus – Chimamanda Ngozi Adichie

Nigeria, fin du 20e siècle. Kambili 15 ans, est une jeune fille réservée qui pèse ses mots. Docile, elle suit à la lettre l’éducation stricte et surtout très Catholique que son père impose à la maison. Eugene Achike, riche patriarche dont la générosité fait l’admiration de toute la communauté, est en fait un religieux fanatique à la maison. La violence est le quotidien de la famille. Mais un mélange de peur et de fierté alimente l’étrange respect que Kambili, Jaja son frère, et leur mère porte à cet homme.

J’ai beaucoup de bonnes choses à dire sur ce roman coup de coeur. J’essayerai de vous préparer une chronique complète pour vous parler de toutes les autres thématiques abordées dans ce roman à la simplicité majestueuse

2. Chroniques d’ailleurs

Ça fait bien longtemps que Là où tombent les anges
et son auteure féministe, Charlotte Bousquet me font de l’œil.
L’article de Nathan (Le Cahier de lecture de Nathan) avec la participation de Cassandra (Les livresqueries du bonbon) et la petite interview de Charlotte Bousquet ont fini de me convaincre, il faut absolument que je découvre cette auteure ! Ça tombe bien, parce que j’ai Sang-de-lune dans ma PAL…

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi je n’ai pas acheté ce bouquin quand j’en ai eu l’occasion ? Merde, alors ! Les chroniques élogieuses se multiplient et moi je n’ai toujours pas de copie… Et en plus, il y a quelque chose qui m’intrigue. Vous vous rappelez de Dieu me déteste ? Il inaugurait la création de la maison d’édition La belle colère. Le projet Starpoint, également publié chez eux, déroge pourtant à leur identité visuelle. Je me demande bien pourquoi. Pourquoi ce choix…

3. Autres trouvailles sur la toile

Vous avez déjà remarqué que les youtubeurs les plus connus sont des mecs ? Et que sinon quand ce sont des youtubeuses connues, il s’agit bien trop souvent de vidéos bien-être et beauté ? Pourtant y a un paquet d’autres trucs à découvrir grâce aux chaînes youtube de sexe féminin. C’est pas compliqué, allez faire un tour sur : www.lesinternettes.com

4. Réalisations personnelles

Ma plus belle réalisation personnelle ce mois-ci c’est d’avoir réussi à enchaîner des lectures géniales, au bon moment au bon endroit. Résultat : le mois de juin à fait de moi une lectrice comblée et j’en suis d’autant plus motivée pour alimenter ce blog de chroniques plus fournies 😉

 

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Le théorème du homard – Graeme Simsion

titre : Comment trouver la femme idéale
ou le théorème du homard
original title: The Rosie Project
auteur : Graeme Simsion

éditeur : Text Publishing (vo) Pocket (vf)
date de publication : 2013 (vo) 2014 (vf)

ma bookreview : Le théorème du homard est raconté par un personnage hors du commun qui donne à ce roman un ton unique. Don Tillman, professeur de génétique, est un génie. Il excelle dans tout ce qu’il entreprend. Ou presque. Car Don est aussi un inadapté social. Les codes de communication et rituels socio-culturels lui échappent complètement. Son mode de vie et son attitude son perçues comme très étrange par les autres. Si bien que Don n’a que deux amis et n’a jamais pu obtenir de deuxième rendez-vous galant avec une femme. Don ne manquera pas de vous raconter « le désastre de la femme à la glace parfum abricot », parfait exemple du problème qu’à Don à se comporter convenablement. 

Pourtant, statistiquement, il doit bien y avoir quelqu’un pour lui. Mais avec sa vie millimétrée et chronométrée, Don ne tolère pas les pertes de temps inutiles. Alors, pour trouver cette perle rare, Don établit un questionnaire ridiculement long (ouais 16 pages quand même) et exigeant qu’il appellera The Wife Project. La femme parfaite pour lui ne devra : ni boire ni fumer ; ne pas être végétarienne ; être ponctuelle et intelligente… and the list goes on, man!

Et puis évidemment, élément perturbateur, jolie Rosie qui arrive comme une fleur. Elle est bartender, végétarienne, fumeuse, toujours en retard mais loin d’être idiote. L’air de rien, elle met son petit grain de sable (voir le bac à sable) dans le petit monde bien orchestrée du pauvre Don qui va tout faire pour l’aider à retrouver son père génétique.

Anyway, si t’as envie de te détendre avec une bonne tranche de comédie romantique moi je te conseille d’ouvrir The Rosie Project (en vo ou vf c’est toi qui voit). Le bestseller a mérité son succès international, l’écriture est fluide et agréable et offre au lecteur exactement ce qu’il attend d’une comédie romantique. Ni plus ni moins.

Bonus : Graeme Simsion est un auteur australien. The Rosie Project se déroule à Melbourne Ce premier roman lui a valu plusieurs prix tel que l’Australian Book Industry’s Book of the Year, Winner en 2014 Il a également a été traduit en 40 langues.
→ pour plus d’Austra’littérature clique ici !

note : 3.5/5
âge recommandé : adulte

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C’est le 1er, je balance tout ! #4 – Mai 2017

WOUHOUH… C’est VRAIMENT le 1er et je balance tout (ou presque) 😉

1. Top & Flop

Que du top ce mois-ci 😉

The Magicians de Lev Grossman

Attention, attention, jeunes adultes potterhead, je tiens à vous prévenir, ceci n’est PAS la version adulte d’Harry Potter contrairement à ce que des directeurs marketing enthousiastes et libraires bien intentionnés ont pu vous faire croire. Oui, notre héros va bien se retrouver dans un monde de magie dont il osait à peine imaginer l’existence. Oui, Quentin 17 ans, va être accepté dans une école de magiciens. Mais la ressemblance s’arrête là. Et si vous vous attendez à retrouver l’excitation et l’émerveillement que vous avez pu ressentir en lisant Harry Potter vous allez clairement être déçus. En revanche, si vous avez envie de vous plonger dans un récit fantastique fin, bourré de références à d’autres sagas, un récit psychologique qui suit un ado tourmenté dans sa quête du bonheur ou tout simplement du sens à la vie, alors oui,  je vous recommande fortement Les Magiciens de Lev Grossman. #laconditionhumaineçacraint Bref, ça vaudrait bien une critique complète !
Mais vous pouvez aussi aller voir par là :
Focus sur Les Magiciens de Lev Grossman / Justine Shel
Mal de vivre: 3 lectures contemporaines tourmentées| Update / Lemon June

One de Sarah Crossan

Dans un tout autre registre, j’ai envie de vous parler de One dont le sujet est encore plus surprenant que sa forme en vers libre. Car One raconte l’histoire de deux sœurs siamoises. Deux ados, dont le quotidien déjà éprouvant d’ordinaire est bouleversé lorsqu’elles sont obligées d’aller à l’école… En très peu de mots Sara Crossan réussie superbement à couvrir un sujet complexe et à offrir une belle palette d’émotions aux lecteurs.
Psst… Clémentine Beauvais prépare une traduction …

En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut

Un peu de littérature générale pour changer. Et ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur dans cette catégorie. En attendant Bojangles c’est l’histoire d’un couple qui s’aime d’amour fou, raconté par leur fils qui les suit dans leur folie. Tous les 3 vivent une vie déjantée sur un air de Nina Simone. L’écriture est fluide et rythmée au tempo de la valse. Complétement charmée par la poésie de ce texte je me suis plusieurs fois surprise à lire à voix haute. Bref, c’est le coup de cœur qui rejoint l’étagère des livres préférés, parmi les rares que j’envisage de relire. A mon avis, un classique en devenir.

2. Chroniques d’ailleurs

En grande fan des Autodafeurs, je suis très curieuse de découvrir cette saga de la même auteure, Marine Carteron. L’article enflammé de La tête en clair me laisse à penser que ça vaut le coup ! Et si c’est aussi bien écrit que Les Autodafeurs ça doit en effet envoyé du pâté !

3. Autres trouvailles sur la toile

Ça date de fin mars et vous en avez déjà probablement entendu parlé, mais je pense que ça vaut le coup de continuer à partager l’initiative de ma copine Sandrine : #ENDOPROJET

Et pour en savoir plus vous pouvez aller faire un tour sur skyzo.net où ma copine Youmna a écrit un article sur le sujet :  L’endoprojet prêt à briser le tabou des règles douloureuses. Elle y explique très bien ce qu’est l’endométriose et en quoi consiste le projet de notre copine Sandrine.

4. Réalisations personnelles

Ça fait bientôt un an que je suis en Australie et j’ai enfin posté ma candidature pour le visa. Et pour fêter ça on s’offre un mois de vacances ! Eh ouais tant qu’à faire 😉

Ça veut dire qu’en juin j’aurais normalement plus de temps pour MOI et donc un peu plus aussi pour ce blog. Ce qui ne serait pas un mal étant donné que j’ai 40 000 idées qui n’attendent que moi…

 

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